Stress
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Le stress et ses effets sur le système immunitaire

les effets du stress sur le système immunitaire

Le stress est inhérent à nos vies quotidiennes. Mais comment notre système immunitaire réagit-il face aux signaux et hormones de stress ? Dans des situations de stress aigu, certaines cellules de défense réagissent et présentent une activité accrue. Mais si le stress dure trop longtemps (et devient donc chronique), notre système immunitaire est mis sous pression. Il en résulte une sensibilité accrue aux infections. Chacun d’entre nous le sait : pendant ou après des périodes particulièrement stressantes, nous tombons plus facilement malades, nous sommes davantage exposés aux refroidissements.

 

Les facteurs déclencheurs du stress

 

Le terme « stress » désigne la réaction d’une personne à une pression physique ou psychique provoquée par des stimuli externes spécifiques. Voici quelques exemples de déclencheurs de stress, également appelés facteurs de stress:

• Produits chimiques, drogues (facteurs de stress chimiques)
• Chaleur, bruit (facteurs de stress physiologiques)
• Faim, blessures, maladies (facteurs de stress physiques)
• Insécurité, peur de l‘échec (facteurs de stress psychiques)
• Conflits, pression du groupe (facteurs de stress sociaux)
• Evénements critiques de la vie et événements traumatiques.

Toute sollicitation, même un stimulus qui pourrait être perçu comme neutre peut provoquer un état de stress. Cela dépend de la manière dont la personne concernée ressent le stimulus qui sera considéré comme :

• Sans intérêt donc pas de réaction particulière
• Stimulant : un eustress (un stress positif et sain) stimulant pour l’esprit et le corps qui améliore les performances (nouvel emploi, ou mariage à venir.)
• Menaçant/nocif : il s’agit d’un distress, un stress négatif et malsain. Il met le corps en état permanent de lutte ou de fuite et peut, selon son intensité, provoquer des symptômes de maladie physique et psychique (le surmenage professionnel, problèmes relationnels…)

Une deuxième évaluation (secondaire) permet de déterminer si et comment la situation à l’origine du stress peut être surmontée et quelles sont les capacités dont dispose la personne concernée pour y parvenir : le niveau de confiance en soi, les ressources matérielles (par exemple le patrimoine) ainsi que les formes de lien social (modèle de stress transactionnel de Lazarus).

C’est donc à ce stade que l’on peut mesurer si la personne se sent stressée. Si les ressources nécessaires sont disponibles, le stress peut être surmonté (pouvoir adéquat d’adaptation). Mais si elles font défaut, la situation de stress apparaît.

 

Les 2 axes de réaction du corps face au stimuli de distress

 

Lorsque les ressources disponibles ne suffisent plus à surmonter les pressions, deux axes de stress sont activés dans le corps:

L’axe sympathique-surrénal-médullaire, également appelé système sympatho-médullaire par les médecins, permet de s’adapter rapidement au stress. En quelques secondes, le corps réagit aux conditions hostiles de l’environnement et active le système sympathique. Ce dernier fait partie du système nerveux végétatif (autonome) qui régule les phénomènes physiologiques que l’on ne parvient pas à contrôler, notamment la respiration ou le rythme cardiaque. Son activation entraîne la libération d’hormones dans la circulation sanguine telles que l’adrénaline et la noradrénaline qui agissent sur les organes les plus divers :

• Ces hormones inhibent le système gastro-intestinal, libèrent les substances énergétiques stockées, notamment la graisse et le glycogène (forme de stockage des hydrates de carbone ou sucres)

• Elles augmentent le rythme cardiaque, ce qui améliore l’irrigation des muscles, de la peau et du cerveau. De plus, elles ont un effet de dilatation sur les bronches, ce qui augmente l’absorption d’oxygène. Le corps est maintenant prêt pour le combat ou la fuite (réaction « fight and flight »).

L’axe hypothalamique-hypophyso-surrénalien est activé dans un second temps. Il prépare le corps à la prolongation du stress dans le temps (adaptation sur la durée). L’action de l’agent stressant entraîne une cascade de réactions qui finit par déclencher la sécrétion de cortisol dans le cortex surrénalien, une partie de la glande surrénale :

• Pour maintenir un taux de glycémie constant même dans des conditions environnementales extrêmes, la forte concentration de cortisol dans le sang entraîne la transformation d’acides aminés en glucose. Si le froid est la cause du stress, le cortisol provoque la libération d’hormones thyroïdiennes en vue d’augmenter le métabolisme de base et par conséquent la température corporelle.

• Le cortisol alerte également les défenses immunitaires naturelles ou innées (système immunitaire non spécifique), la première instance pour combattre les agents pathogènes, comme les infections virales. Le nombre de cellules tueuses naturelles et de macrophages augmente, ce qui permet de mieux neutraliser les bactéries, les champignons et les virus. Toutefois, peu de temps après l’augmentation, la quantité de cellules immunitaires diminue à nouveau rapidement. Par ailleurs, le cortisol interagit avec un réseau de différents messagers nerveux et immunitaires et augmente ainsi la sensibilité aux infections. Certains de ces messagers suppriment une réponse immunitaire adéquate ou perturbent la fonction de barrière de la peau et des muqueuses, ce qui facilite la pénétration d’agents pathogènes.

Ces processus expliquent pourquoi les périodes de stress aigu ont plutôt un effet stimulant sur le système immunitaire, alors que le stress chronique l’affaiblit.

 

Les symptômes physiques et psychiques liés au stress

 

Le distress a des répercussions sur l’ensemble de l’organisme. Il constitue un facteur de risque pour de nombreux problèmes de santé psychique, psychosomatique et physique très différents :

• Système cardiovasculaire : douleurs thoraciques, tachycardie, augmentation de la tension artérielle (hypertension), saignements de nez dus à une tension artérielle élevée, taux de cholestérol élevé, qui peuvent à leur tour entraîner une calcification des artères (athérosclérose)
• Muscles et système osseux : tensions, en particulier au niveau des épaules et de la nuque, maux de tête dus à la tension des muscles, douleurs dans le bas du dos ou dans les bras
• Système nerveux: évanouissement (syncope) dû à une réaction excessive du système nerveux
• Système reproductif : effets sur le cycle menstruel (absence de règles), infections vaginales récurrentes, impuissance (dysfonctionnement érectile), éjaculation précoce
• Système gastro-intestinal: brûlures d’estomac, douleurs abdominales, maux d’estomac, diarrhée, constipation ou ballonnements, troubles alimentaires
• Organes sensoriels : troubles de la vision (vision de taches grises et sombres, vision d’images déformées), augmentation de la pression intraoculaire, bourdonnements d’oreille, diminution de la tolérance à la douleur,
• Système immunitaire : risque accru de maladie, d’infections,
• Troubles du sommeil, cauchemars.

Par ailleurs, des signes psychiques de stress peuvent apparaître sous la forme de :

• Nervosité : bruxisme la nuit, bégaiement, oublis,
• Difficultés à se concentrer,
• Déséquilibre, insatisfaction, irritabilité,
• Etat dépressif, découragement,
• Sentiment d’être malade (hypocondrie).

 

Solutions pour lutter contre le stress

 

Travailler sur la prévention des situation de stress

Un stress positif se caractérise par une alternance harmonieuse de tension/activité et de repos/détente. L’incapacité à faire des pauses, autrement dit le stress chronique, est nocif à long terme. Voici de bons réflexes ou habitudes de vie à adopter pour prévenir au mieux la multiplication des stimuli amenant au distress :

• Pratiquer des exercices de relaxation musculaire progressive variés type tai-chi, yoga et Qi Gong.
• Pratiquer un sport d’endurance, notamment le vélo, le jogging ou la natation.
• La relaxation mentale grâce à la méditation, le biofeedback ou le training autogène. Ces techniques doivent être apprises dans le cadre d’un cours.
• Les massages, promenades ou farniente.
• Booster la confiance en soi et dans ses propres capacités.
• Savoir montrer les limites aux autres suffisamment tôt et savoir dire « stop ».
• La gestion du temps et la définition des priorités, de manière à pouvoir mieux organiser son travail.
• Une attitude positive face à la vie (ne pas tout ramener à soi, attitude optimiste), car le stress commence dans la tête.
• Un mode de vie sain avec une alimentation équilibrée et riche en nutriments. Les vitamines B et le magnésium, par exemple, sont particulièrement importants pour les nerfs, et un apport suffisant en boissons liquides améliore les performances.

 

Certaines plantes médicinales peuvent être utilisées pour limiter les effets nocifs liés au stress :

Echinacée/Rudbeckie rouge (Echinacea purpurea) renforce les défenses immunitaires et favorise le processus de guérison de l’organisme, surtout lors de refroidissements,
Racine de valériane (Valerianae radix) seule ou associée au houblon, la mélisse et/ou la passiflore en cas d’agitation nerveuse légère et de troubles du sommeil,
• Cônes de houblon (Lupuli flos) en cas d’agitation nerveuse et de troubles de l’endormissement,
Les feuilles de mélisse (Melissae folium) associés notamment à la passiflore ont, en plus de leur effet relaxant et soporifique, un effet calmant sur l’estomac et l’intestin,
• Les fleurs de lavande (Lavandulae flos) en cas d’état d’anxiété
Le millepertuis (Hyperici herba) en cas d’agitation nerveuse, de baisse de moral. Attention, la prise de millepertuis peut diminuer l’efficacité de médicaments oraux et il faut éviter toute forte exposition au soleil,
Le passiflore (Passiflorae herba) pour la relaxation et les troubles de l’endormissement,
• L’orpin rose (Rhodiolae roseae rhizoma et radix) augmente la résistance du corps aux facteurs de stress et améliore les performances mentales et physiques.

 

Enfin quelques méthodes simples pour contribuer à retrouver son calme dans des situations stressantes

• Se détendre avec un bain chaud,
• Fredonner une mélodie. La vibration des cordes vocales calme les nerfs.
• Un petit sac contenant des objets qui évoquent de bons souvenirs ou qui stimulent agréablement les sens (des photos, un souvenir de vacances ou un parfum). Ils permettent d’orienter les pensées vers des souvenirs positifs et d’obtenir un effet relaxant.
• Se détendre en pratiquant des étirements, des extensions, en respirant profondément , en faisant des grimaces ou en détendant les muscles du visage en mâchant…

Un stress fréquent ou prolongé peut entraîner de graves complications. Il est donc toujours recommandé de consulter un médecin si les troubles ne s’atténuent pas ou s’ils augmentent, s’ils ne s’améliorent pas après une phase de repos et si la souffrance s’intensifie.


Écrit par Aline Verner


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